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Le 17 décembre, le ministre de l’agriculture française a annoncé le lancement d’un site qui permettra aux consommateurs de consulter les résultats des contrôles sanitaires sur l’ensemble de la chaîne de production. La transparence sanitaire, un premier pas pour regagner la confiance.

Déjà huit pays européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Irlande, Danemark, Finlande, Lituanie, Norvège) ont pris cette mesure et deux projettent de le faire (Allemagne, Suède). Dans l’ensemble des pays l’ayant adopté, une amélioration du niveau sanitaire des établissements a été constatée.

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Le principe est simple : en France, sur le site alim-confiance.gouv.fr, les consommateurs pourront rechercher tous les établissements de la chaîne alimentaire : abattoirs, commerces de détails, restaurants, sites de production agroalimentaires… et obtenir les résultats du dernier contrôle d’inspection.

Cette mise en transparence des contrôles de l’état marque la prise en compte, par les institutions, du besoin de réassurance du consommateur en matière d’alimentation. Mais il faudra aller plus loin encore, car le scepticisme ambiant dépasse la dimension sanitaire. Auparavant valeur refuge, l’alimentation est devenue sujet de grande méfiance.

Et parce qu’il passionne les Français, le sujet est largement alimenté par les médias. Elise Lucet, journaliste TV connue pour épingler l’industrie agro-alimentaire, vient d’être élue « femme la plus méritante de 2016 » par 51% des Français, loin devant les célèbres Marion Cotillard et Amélie Mauresmo.

Depuis le scandale de la viande de cheval en 2013, la crise alimentaire est donc bien plus qu’une crise sanitaire, c’est une crise de confiance durable et l’émergence une nouvelle éthique alimentaire.

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Aux origines de ce changement d’éthique : l’abondance alimentaire, la perte du lien avec le monde agricole, le déclin de l’idée de progrès industriel et l’essor du contrôle de soi.  Par effet miroir, la nouvelle éthique alimentaire s’organise autour de 3 piliers : la recherche de nature et d’authenticité, culte du corps et quête de santé, responsabilité sociale et environnementale.

Selon l’observatoire 2016 du rapport des français à la qualité des produits alimentaires de l’Obscoco, ils sont 82% à déclarer faire plus attention qu’il y a 5 ans à la qualité des produits qu’ils achètent.

Est-il possible de débarrasser la population de leurs inquiétudes ? Les acteurs du monde alimentaire s’accordent pour répondre que non, mais qu’il faut les aider à les gérer avec un nouveau mode de gouvernance.

« Restaurer la confiance face aux inquiétudes et aux mouvements des anti », c’était justement le thème du colloque « Tais-toi et mange ! » récemment organisé par l’OCHA – le CERTOP – et le CREDOC.