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Une énorme surprise attend, dans les rues de Londres (et au-delà), ceux qui pensent que la nourriture, en Grande-Bretagne, se limite aux œufs fris, aux saucisses et au bacon. Restaurants  indiens, italiens, coréens, sushi, sandwicheries fines… Il y en a pour tous les goûts. Les chefs sont devenus des héros des temps modernes (pensez à Heston Blumenthal, Marco Pierre White, Jamie Oliver…), et des maîtres épicuriens (Nigel Slater, Nigella Lawson…). L’offre gastronomique a évolué, au cours des deux dernières décennies, à un rythme phénoménal. Voici un tour d’horizon rapide des principales tendances observées :

Les années 90
Alors Heston, que nous avez-vous encore concocté ? Le porridge d’escargots constitue désormais la référence pour les adeptes de gastronomie moléculaire du monde entier. Il était possible, à une époque, de déjeuner  au « Fat Duck », à Londres, sans se ruiner. Le menu se chiffre à plusieurs centaines de livres sterling, aujourd’hui, mais la magie est toujours là. C’est du moins ce que l’on m’en a dit. Apprêtez-vous à voyager dans vos propres souvenirs gastronomiques.

heston blumenthal

La décennie actuelle
Le chef Fergus Henderson fait sensation en servant des pièces de viande souvent négligées : des pieds de porc aux tripes, en passant par les testicules. L’approche « du museau à la queue », avec ses généreux plats de viande, a marqué le retour à des habitudes qui avaient cours à la campagne, où rien n’était gaspillé.

nose to tail

L’art de dénicher ses ingrédients, d’autre part, est de plus en plus à la mode (et ce depuis l’inauguration du restaurant Noma par Claus Meyer à Copenhague en 2003), et la cuisine nordique apparaît désormais comme le comble du raffinement, une tendance qui ne se dément pas. Même mon pub gastronomique, le Dysart, à Petersham, se vante de trouver certains de ses ingrédients dans le parc Richmond situé à proximité.

Et maintenant…

Les légumes sont désormais les stars, et la composante essentielle des repas, comme chez Bruno Loubet, au Zetter Grain Store.  Il est enfin possible de trouver des plats délicieux mais bon marché, grâce à la cuisine de rue coréenne (en guise de compensation pour les restaurants étoilés du guide Michelin devenus inabordables). Des chaînes s’efforcent de recréer le modèle des brasseries  de Paris (à l’instar de Côte, dont le menu d’un bon rapport qualité-prix est convoité par les « dames qui déjeunent ») ; les restaurants proposant de « vrais hamburgers » le disputent aux bars à sushi, les deux styles de restaurant ayant même décidé de joindre leurs forces, avec les « Sticks’n’ Sushi » – le concept n’est pas nouveau, ayant été créé au Danemark il y a 22 ans, mais a récemment été implanté à Londres–, qui allient traditions culinaires japonaises et danoises. Les chefs demeurent des stars. Des millions de téléspectateurs continuent de suivre les émissions de cuisine. Des centaines de livres de cuisine sont publiés tous les ans.  J’ai davantage de photos de gastronomie sur mon iPhone que de mon mari. Et pourtant, 10 % des Britanniques admettent qu’ils ne savent pas cuisiner ([1]). Même pas les œufs au bacon !

sticks and sushi

Marianne Malone

[1] http://www.independent.co.uk/life-style/food-and-drink/news/britain-is-a-nation-of-skilled-chefs-but-1-in-10-cant-cook-bbc-good-food-survey-finds-9756376.html